elle parlait
et chacune de ses paroles même
les plus banales
me causait une irritation sourde
sans que je puisse
en deviner la cause réelle
elle parlait
comme si elle devait parler
sans cesse sans
percevoir tous ces mots inutiles

en moi montait
la peur une terreur sans mesure
je me disais
ne pouvoir supporter ce supplice
il fallait la
faire taire je la frappais la
giflais avec
rage comme pour faire oublier
par ma violence
notre fuite vers deux mondes qui

ne joignaient plus
imparfaitement que par les sexes