je regardai ma montre je regardais
espérant qu’un jour un moment quelque chose
se dévinerait mais toujours c’étaient les mêmes
trajectoires mêmes heures où
visqueux lourd le temps coulait péniblement
le temps suintait des murs comme une eau grasse et
lourde et toujours c’était ce temps de l’hiber
nation serrant nos vies entre parenthèses
assoupi sans illusions j’attendais et
c’était toujours le temps de l’hibernation
je savais que demain et le lendemain
de demain le temps s’épaissirait que
les heures aux heures comme une brume épaisse
s’agglutineraient d’absence coagulant
emprisonnant l’attente faible de ma
vie pourtant je regardais ma montre encore
rempart ultime au lent figement du temps